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janv. 23
Dans Blogs Blog de Catherine Clément mercredi 23 janvier 2008 12:13
Rédigé par Catherine Clément

legislation / service public

Lorsqu'en octobre 2002, avec l'aide de la petite équipe que j'avais rassemblée, j'ai rédigé le rapport qui m'avait été demandé par Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture sur la place de la culture dans le groupe France Télévisions, aucun de nous n'a eu l'idée de demander la suppression de la publicité dans le budget de l'audiovisuel public. Cela ne nous a pas traversé l'esprit. Nous n'en avons même pas discuté.

Nous savions le financement de l'audiovisuel public vulnérable, soumis aux fluctuations idéologiques et politiques de la représentation nationale. Nous connaissions les menaces de privatisation sur l'une des chaînes, voire plusieurs, menace du genre qu'on appelle "rampante", comme un fauve qui guette une proie, quaerens quod devoret. Nous n'étions même pas certains que l'Etat soit encore disposé à financer un audiovisuel public, en un temps où la mondialisation ouvrait les portes d'un libéralisme en pleine effervescence, à l'époque sans aucun esprit de régulation. C'était notre principal souci.
S'il faut absolument dire d'où vient la qualité, alors posons qu'elle vient de la pensée. Des créateurs, de l'invention, de la maîtrise technique, de la durée dans le travail de réalisation, d'une éthique collective, d'une perception de la Cité: c'est tout cela que j'appellerai pensée. On n'y accède pas en claquant des doigts; on ne le décide pas en légiférant. Il y faut de la durée. Il faut de la réflexion. Il y faut une claire perception du rôle de l'audiovisuel en général dans la fabrique de la Nation.
C'est dans cet esprit que nous proposions d'inscrire le principe de l'audiovisuel public dans le préambule de la Constitution, en des termes que l'on retrouvera ci-dessous.

A l'époque, on réfléchissait sur la façon d'inscrire dans le préambule de la Constitution le principe de précaution: preuve que le préambule n'était pas intangible et demandait à être plus nourri. Aujourd'hui, sous l'autorité de madame Simone Veil, le préambule de la Constitution s'apprête à accueillir de nouveaux principes, parmi lesquels l'égalité de l'homme et de la femme, contenue en creux dans la Déclaration des droits de l'homme de 1789, et explicitement développée dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, texte adopté par l'ONU le 10 décembre 1948. Puisqu'il en est ainsi, je persiste à penser que le principe de l'audiovisuel public pourrait faire partie de ce train de rénovations.

Garantirait-il la qualité ? En partie seulement. Garantirait-il le financement ? Non. Eviterait-il des privatisations ? Certainement pas. Inscrit dans la Constitution, ce principe garantirait l'idée de service public audiovisuel, que rien ne protège aujourd'hui. Une fois l'idée garantie, ce principe serait une base pour défendre le périmètre de l'audiovisuel public assorti d'un financement adéquat. Et surtout, en préalable, il rendrait nécessaire l'exercice de pensée dont je parlais plus haut.

Penser vite est un exercice périlleux. Nous y sommes contraints par une décision rapide comme un coup de vent. A nous de protéger la maison commune en évitant les dégâts des eaux et les toits effondrés.

EXTRAIT DU RAPPORT SUR LA CULTURE DANS LE GROUPE FRANCE-TÉLÉVISIONS, REMIS SOUS LE TITRE "LA NUIT ET L'ÉTÉ".
Lorsque la République accoucha de son Éducation nationale, ce fut un acte fort, un coup de poing sur la table. L'idée que l'éducation devait être la même pour tous n'était pas évidente; il fallut la forcer. Plus tard, en 1946, rédigé sur les ruines de la guerre à la fin de l'été, l'alinéa 13 du préambule de la Constitution comprenait une précieuse phrase : "L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l'État." (6) Dès lors, on put se disputer sur le financement des écoles privées, sur l'interdiction du foulard musulman dans les classes, sur les programmes de philosophie, sur la méthode globale, sur le collège unique et l'instruction civique, sur la gym, le dessin, les arts, la discipline, l'essentiel était fait : en France, l'État garantit l'éducation nationale.
Aujourd'hui, la télévision tient à peu près le même rôle que la confuse éducation avant que Jules Ferry n'y fasse la lumière. Tous les medias ensemble occupent entre cinq et six heures de l'emploi du temps diurne des citoyens, dont trois heures réservées à la télévision. Elle est l'un des verrous de la démocratie, son meilleur gage. Elle permet de comprendre, dans une époque dangereuse, les enjeux de l'évolution du monde. Elle peut ouvrir les esprits sur le respect des autres, mais sans garanties, elle peut les refermer en cas d'enragement.
Oui, il est grand temps d'inscrire la télévision publique dans le préambule de la Constitution.
- La Constitution ! Pour la télévision, vraiment ? Mais vous êtes folle ! La Constitution, mais elle touche aux piliers de la France, elle définit l'identité du pays, elle... Pas la télévision, ah non ! Voulez-vous la sacraliser ?
Précisément. Même si l'on se doute que la réécriture du préambule de la Constitution de 1946 est une affaire immense, ce ne devrait pas être hors d'atteinte. Une phrase très simple suffirait. Par exemple, ceci : "L'organisation du service public de l'audiovisuel est un devoir de l'État".
- Ah ! On vous voit venir ! Vous voulez augmenter le budget, développer les chaînes numériques, en rajouter sur le périmètre, merci bien !
Rassurez-vous ! Cette phrase n'insulte aucun avenir; elle n'interdit aucune réforme en profondeur du service public. Elle interdit sa lente agonie, c'est autre chose. Le problème n'est pas budgétaire, il n'est pas gouvernemental. Le problème est au delà; il a sa noblesse intrinsèque. L'essentiel tient à la garantie; l'essentiel est d'inscrire le principe de la télévision publique dans les piliers de l'identité française. L'essentiel, c'est vrai, consiste à sacraliser la télévision publique en France.
Car de deux choses l'une. Ou bien la télévision est un art de divertissement, auquel cas on ne voit pas pourquoi l'État financerait des chaînes publiques; ou bien la télévision est également un moyen de formation et d'instruction, capable de dispenser la culture, auquel cas, de toute évidence, elle est un devoir de l'État.
Aujourd'hui, partagée entre ses tutelles, soumise aux politiques en dépit de tous les efforts, tiraillée de tous les côtés, la télévision publique n'est pas suffisamment respectée. Le déficit de culture en est la conséquence. Inscrire la télévision publique dans le préambule de la Constitution, c'est l'élever à la dignité qu'elle mérite.
- Pour si peu ! Mais qu'est-ce que cela change ?
Tout et rien. L'esprit des choses. Mon maître Lévi-Strauss parlerait d' "efficacité symbolique". Qu'est-ce qui changerait ? Le respect, le sérieux. On n'en disputerait pas moins, mais on serait tranquille. La tranquillité de l'esprit civique, voilà l'idée qu'on se fait de la Constitution. Ainsi fit Jules Ferry, pour notre bien à tous.
C'est un coup de poing sur la table, un acte fort. On n'en disconvient pas. On imagine qu'au moment précis où va se rouvrir la geste constitutionnelle, quand il faut réécrire ce fameux préambule de la Constitution, se trouveront des esprits assez libres pour poser cet acte fondateur.
- Est-ce une de vos préconisations ? Tout de même pas !
Mais si. C'est la première, et elle est décisive. La culture, comme l'éducation, demande à être posée au sommet.

On préconise donc l'inscription du service public de l'audiovisuel dans le préambule de la Constitution, au même rang, à la même dignité que l'Éducation nationale. Comme l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés, le service public de l'audiovisuel (radio et télévision) est un devoir de l'État.

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Nombre de commentaires : 5

Re : L'audiovisuel public et la Constitution

Bravo, t'es la première !

posté par P. Jeudy le   mardi 5 février 2008 16:30

Re : L'audiovisuel public et la Constitution

Art et Liberté


RODIN Nous disait :

« Je ne crée pas, je vois 
et c'est parce que je vois
 que je suis capable de faire. »

Sommes-nous capables de voir ? Sommes-nous capables de créer ? sommes-nous capables de regarder ? Sommes-nous libres de nos actes ? Sommes-nous tous plus ou moins aveugle ? sommes-nous dégagés de nos préjugés ? Vivons-nous dans une société qui libère nos esprits ?

Mais à quoi peut-on reconnaître une société vraiment libre ?

D’abord à son sens de l’homme et de la vie humaine, à sa prise en considération des joies, des peines et des souffrances des hommes.

Pour son goût et sa pratique de la tolérance. Puisque tout homme est revêtu d’une éminente dignité, une société qui se dit libre doit accepter que se déploient et s’épanouissent sans entrave : les idées, les croyances, les philosophies et les arts qui naissent des réflexions et des expériences des hommes et des femmes.

L’art, à tous les degrés de son développement, a pour but l’ennoblissement de l’existence, depuis les industries élémentaires qui, en façonnant la matière brute, ont donné à l’homme des modes pour s’abriter, se vêtir et se nourrir, jusqu’au plus complet, au plus élevé des arts, l’art poétique.

Cet art qui exprime, dans les nuances les plus délicates, les passions du cœur, les agitations de l’esprit, cet art opère une sorte de créativité humaine, et arrive de proche en proche, par la perfection de forme, au mouvement de la pensée, c-à-d à la liberté.

Quand, à la voix d’Erwin de Steinbach*-(l’Architecte de la cathédrale de Strasbourg)-, l’informe bloc de pierre se taille, se range, se combine, monte en pilier, se courbe en arceaux, s’arrondit, s’enroule en spirales, se découpe en feuilles et en fleurs ;

Quand le ciseau de Phidias**-(Il a supervisé les travaux de l’Acropole)-, guidé par le génie évocateur, sculpte dans l’ivoire muet le front radieux et la lèvre éloquente de la sagesse grecque ;

Quand Michel-Ange, saisit son pinceau et fait apparaître sur un pan de mur froid et nu la figure dominatrice du Verbe éternel, devant laquelle s’inclinent en adoration les populations subjuguées ;

Quand Mozart, par le rythme imprévu de quelques sons solennels, jette dans tous les cœurs les effrois du coupable à l’approche de la justice vengeresse ;

Quand Shakespeare, fait couler nos larmes sur les douleurs fictives d’Ophélie et de Desdémone.

Quand Marie-Adélaïde Deraisme organise avec Léon Richer en août 1878, le premier congrès international du droit des femmes, où elle déclare : « la Femme est une personne. Partant de là, une force, une liberté. Or, on n’anéantit pas une force, une liberté.

Quand Louise Michel pendant la commune, s’engage comme garde, dans le 61ème bataillon et préside aux destinées du club de la révolution, avant d’être condamnée à la déportation.

Certes, je peux dire sans trop d’exagération que ces femmes et ces hommes investis d’une puissance suprême, ont CRÉÉ en tirant du chaos, des formes libres, matérielles ou intellectuelles, conçues dans leurs pensées.

Se demander, si l’art agit favorablement ou défavorablement sur les mentalités d’un peuple, s’il doit être encouragé ou rejeté par un gouvernement dit de « sage », ce serait un point de vue bien étroit.
Si l’art a ses erreurs et ses défaillances (nulle chose humaine ne s’en voit exempte), il n’en est pas moins d’origine sacrée.
Tous les mythes, toutes les histoires, nous le montrent inspiré par ce qu’il y a de plus sublime dans l’esprit.

Tantôt il rend la Divinité présente au milieu des mortels en lui édifiant des enceintes et en lui donnant des formes visibles ;

Tantôt il apaise le rugissement des instincts féroces et réunit à sa voix magique les hommes dispersés ;

Tantôt il honore la sépulture des héros ou fixe en traits durables l’image des êtres aimés ;

Tantôt il libère des hommes ou des femmes, enchaînés dans leurs vérités.

Mais toujours, partout, il encourage chez ces mêmes hommes, chez ces mêmes femmes, des enthousiasmes qui peuvent les rendre meilleurs.

O liberté cachée à l’enfance du monde sous de mystérieux symbole, apparue à sa jeunesse sous des voiles transparents, révélée enfin à sa maturité par la parole, celle des Socrate, Fénelon, Luther, Bacon, Montesquieu, Condorcet, Washington, jusqu’à quand l’Homme t’outragera-t-il de ses stupides défiances ? Jusqu'à quand ses superstitions souilleront-elles ton cœur.

Vouloir être libre aujourd’hui, c’est encore, se condamner à être seul. Le culte de la liberté, liberté de créer, est encore le culte d’un bien petit nombre d’hommes isolés. C’est une religion individuelle, un protestantisme sévère qui satisfait la raison, mais qui laisse le cœur en souffrance. Il en sera ainsi tant que ce culte ne deviendra pas universel, tant que nos institutions n’auront pas rendu sensible à tous, la doctrine de la vérité et de la vie.

Il faut lire dans l’histoire du passé la certitude des temps à venir. Le génie humain, retenu à l’origine, comme emprisonné dans le cerveau d’un seul homme, qu’il soit Bouddha, Confucius ou Moïse, est sorti peu à peu de cette prison étroite ; il a parlé dans des nations entières ; la Grèce et l’Italie lui ont servi d’organe ; puis grandissant en force, il a franchi ces bornes trop resserrées, et nous le voyons aujourd’hui planer sur le vaste et mouvant empire du monde. Un dernier effort, mais le plus considérable, lui reste à faire pour compléter sa délivrance ;

Il doit briser les barrières de peuple à peuple, de religion à religion pour ne plus laisser à sa puissance que les limites du globe terrestre.

C’est à cette délivrance du génie, du génie de la liberté de création, que chacun de nous, suivant ses propres moyens, doit travailler avec ardeur.

La liberté est une nécessité que toute œuvre doit avoir pour fin. Que le philosophe la rappelle à celui qui l’oubli ; que le poète et l’artiste la fassent aimer dans sa forme la plus sensible; que chacun mette en avant cet esprit de liberté, hérité du siècle des lumières.

Nul ne sait combien pèse son existence dans la gravitation du monde spirituel. Devant le vaste mystère où se meuvent encore les destinées de l’humanité, qui pourrait, sans une apathie coupable, se considérer comme un agent inutile ?

Nul ne doit refuser son action à ce rachat de l’esclavage moral, à cette grande entreprise de la rédemption de tous par tous, qui sera l’accomplissement, le triomphe pressenti, prophétisé, infaillible, de la liberté humaine.

La Liberté humaine se résume en un acte de libération telle que l’accomplissent, par exemple, les poètes, les artistes, les philosophes, les femmes et les hommes d’action.

Le chemin de la vie, qui se confond avec le chemin de la Liberté, ne connaît pas de fin dans notre existence terrestre. C’est nous-mêmes que nous voulons dépasser en nous rangeant parmi les défenseurs de la Liberté.

En ton nom liberté…
que de disputes…
que de guerres…
que d’actes de violence…
que de bons sentiments…
que d’arbres déracinés…
que de révolutions…
que de fleurs coupées…
que de vies enlevées…
que d’orages,
de soleil,
de pluie,
de vent,
de tornades…
l’on a commis en ton nom…






Avant de conclure je voudrais cité Robert Badinter :

"Les droits de l'Homme sont universels parce que tous les êtres humains ont des droits fondamentaux que l'on ne peut nier sous peine de nier l'humanité elle-même. Partout, on doit respecter l'intégrité de la personne humaine, partout, les êtres humains ont le droit de ne pas être torturés, tués, mutilés, de ne pas être réduits en esclavage, de recevoir des soins, d'avoir accès à l'éducation, à la culture, partout, les êtres humains doivent pouvoir penser et s'exprimer librement".(1998)


Post-scriptum :

-La liberté d’opinion et de la presse : Elle est énoncée dans l’article 11 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : " La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. " ; le spectre de la censure ne doit plus être craint.


Avec toutes mes amitiés. Bernard

posté par Maigrot Bernard le   mardi 5 février 2008 16:31

Re : L'audiovisuel public et la Constitution

Oui c'est un lourd et long "combat",
Soyons vigilant!
La création est plus que jamais en danger.

posté par VINCENT Henri-Pierre le   mercredi 6 février 2008 10:49

Re : L'audiovisuel public et la Constitution

Je trouve l'idée d'inscrire le principe de l'audiovisuel public dans la Constitution intéressante mais elle comporte à mon avis certains risques qu'il serait bon d'évaluer soigneusement.
Je vois deux risques de dérives.
Primo en assimilant l'audiovisuel à l'enseignement obligatoire et GRATUIT on risque de voir mettre en question la redevance. Le public estimera qu'il appartient à l'état, c'est à dire à l'impôt, d'assurer l'existence de l'audiovisuel comme celle de l'enseignement. Ce qui serait se mettre dans une plus grande dépendance du gouvernement.
Secundo. En faisant de l'audiovisuel une institution officielle, nous risquons d'offrir au gouvernement un prétexte pour intervenir encore davantage. Rappelons-nous la phrase de Pompidou justifiant une forme de censure sur la télévision publique :"Vous êtes la voix de la France".

C'est une manie française de vouloir tout inscrire dans la loi. Une tradition romaine du droit écrit opposée à la tradition celte (et anglaise) de la coutume, souvent plus contraignante.

posté par henri de turenne le   mercredi 20 février 2008 17:34

Re : L'audiovisuel public et la Constitution

Je me demande tout à coup, respectueusement, si la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public n'avait pas été pensé par le groupe, de la même façon que Rachel n'était pas mentionnée dans "L'Opéra ou la défaite des femmes"... Ce n'est pas parce qu'on omet la chose qu'elle n'existe pas et les victimes sont toujours les mêmes : les moins prévenus à se défendre dans la hiérarchie sociale... Je ne suis pas certains que chacun mesure où nous sommes en train de glisser (et cela à l'échelle mondiale). Seuls les plus anciens possèdent encore, à mon sens, des références directes et je ne suis pas certain qu'elles soient bonnes à revivre...

posté par Gérard STRELETSKI le   vendredi 18 avril 2008 09:27

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