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nov. 20
Dans Blogs Blog de Michel Diard vendredi 20 novembre 2009 10:46
Rédigé par Michel Diard

Personne ne peut ignorer que l’équipe de France de football participera à la phase finale de la Coupe du Monde en juin prochain en Afrique du Sud, à moins de vivre sur une île déserte. L’événement a été outrageusement grossi comme si l’avenir du pays dépendait d’un ballon ne roulant plus vraiment rond !
TF1 a donné le ton et pour démontrer le caractère naturellement planétaire de l’épisode, sollicité les commentaires du président de la République en direct du Stade de France à l’issue de la rencontre. Celui-ci, ravi d’avoir assisté à un événement aussi considérable que la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 a enfilé les phrases convenues d’une rare vacuité.
Avant la rencontre, les autres informations, politiques, économiques, sociales et autres, avaient été réduites à la portion congrue. Après la qualification, l’événement faisait toujours la « une ». Au mépris de la hiérarchie de l’information.
La qualification des Bleus a été douloureuse et une tricherie grossière de leur capitaine, Thierry Henry qui a fait marquer « le » but envoyant ses coéquipiers au pays de Nelson Mandela avec la main, a modéré l’enthousiasme des foules. Sans, pourtant, provoquer la condamnation qu’on était en droit d’attendre de la part des commentateurs (Ont-ils un seul instant pensé aux jeunes pratiquants qui, demain, n‘hésiteront plus à imiter leur idole, Thierry Henry, en trichant).
La condamnable réserve des commentateurs de TF1 a ses explications.
TF1 est le premier intéressé à la présence des Bleus dans les stades sud-africains pour vendre du temps de cerveau disponible des téléspectateurs aux annonceurs avant, pendant et après les rencontres ; la chaîne a acheté les droits de retransmission à un prix exorbitant ! Les « sponsors » de l’équipe de France, comme le Crédit agricole ou Carrefour, partagent les mêmes intérêts. Les joueurs qui auront été sélectionnés se partageront les juteux contrats publicitaires et les primes. Les journaux comme l’Equipe entendent aussi bénéficier de l’engouement pour doper leurs ventes. Bref, c’est tout un monde qui « poussait » derrière chaque international vêtu du maillot tricolore. L’enjeu commercial l’emportait sur toutes les autres considérations, notamment morales.
Le pauvre arbitre, un homme seul et faillible, n’a pas vu la tricherie : il a été cloué au pilori ; il sera puni et il n’ira pas en Afrique du Sud. Contrairement au tricheur, qui ne s’est ni dénoncé, ni excusé. Le fair-play n’a plus de traduction en français dans un sport soumis, comme d’autres, à la loi du fric.
M. Hansson est sans doute rongé par le remord : il est le seul homme présent sur la pelouse à ne pas avoir vu la faute de main de Thierry Henry, alors que les téléspectateurs, eux, l’ont vu et revu des dizaines de fois. Il était le moins « intéressé » à la victoire de l’un des deux adversaires, mais il est celui sur lequel pesaient les responsabilités les plus lourdes de conséquences !
La télévision est sans pitié ; le sport est un tel vecteur d’audience, surtout quand l’honneur d’un pays est en jeu, que les moyens mis à disposition du réalisateur de la retransmission sont aujourd’hui décuplés. Chaque geste est vu, revu, disséqué sous divers angles, et même au ralenti, en direct. Offert à des millions de téléspectateurs.
La télévision bouleverse donc la vision d’une rencontre de football et fragilise aujourd’hui davantage qu’hier, un arbitre qui n’a que ses yeux pour tout voir et qui n’a pas de ralenti à sa disposition.
La télévision en direct est ainsi réhabilitée, mais il est nécessaire, dans un tel contexte, de ne plus laisser l’arbitre errer seul sur le terrain. Au risque si rien n’est fait de le voir systématiquement accusé par les images de la télévision.


Michel Diard

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