Le ministre de la Culture est l’un des nôtres, un auteur de l’audiovisuel qui a siégé dans notre conseil d’administration. Malraux, Maurice Druon, ils ne sont pas nombreux nos ministres qui étaient aussi des créateurs.
Ce n’est pas d’aide dont Frédéric Mitterrand a besoin aujourd’hui, mais d’intelligence. La nôtre.
Au mépris du risque -vérifié à la lumière de la polémique qui s’installe dans les sphères politiciennes- il a apporté son soutien et sa compassion à Roman Polanski. Il savait, j’en suis certain que des esprits chagrins allaient saisir l’occasion de lui nuire. Frédéric est fort, et il ne se renie pas.
Il a écrit un livre magnifique. La mauvaise vie. Livre qui donne lieu aujourd’hui à la querelle. Un livre d’écrivain au style sobre, touchant, d’une écriture confirmant le grand auteur qu’il est. Livre où il se confie avec sincérité mais avant tout un texte dans lequel il transcende son existence, la rêve, la sublime et la salit parfois. Une œuvre de l’esprit.
Une autobiographie digne de ce nom est un témoignage où le choix des mots, le rythme des phrases, leur musique, tentent de s’approcher au plus près d’une vérité pour en faire une œuvre. Quitte à laisser la porte ouverte à toutes les interprétations. Ce n’est aucunement un constat d’huissier dans lequel les lecteurs-voyeurs affolent leurs pulsions cachées.
C’est sur son contenu qu’on l’attaque ? Quatre ans après. Est-on plus vertueux aujourd’hui qu’à la sortie du livre ? Querelle politicienne basse relayée par les « indignés » de profession.
Mitterrand est un honnête homme et un homme honnête. Respectueux des humains, un mec bien. Comme Malraux, poursuivi en son temps par l’animosité inextinguible d’un fonctionnaire zélé, il devra rendre compte à vie de ses faits, gestes et opinions. Comprenons-le avec intelligence.
