Publicité / Législation
L’addiction de l’ex-patron de la première chaîne européenne de télévision, TF1, à la célèbre boisson gazeuse américaine Coca-Cola est aujourd’hui avérée !
Les symptômes d’effets secondaires irréversibles sont de plus en plus visibles.
Le « mieux-disant culturel » de 1987 n’a pas résisté à la détérioration de quelques neurones de la mémoire déclarative situés dans l’hippocampe.
Auparavant, avec ses homologues des autres chaînes privées du vieux continent, Patrick Le Lay avait fait le siège de la Commission européenne pour obtenir un accroissement de la durée de la publicité pour répondre aux vœux de sa boisson préférée. Ses arguments ont été suffisamment frappants pour que la Commission, d’abord, puis le Parlement, ensuite, adoptent une nouvelle directive dite « Télévision sans frontières » le comblant.
Ceux qui, hier, avaient engagé la lutte pour interdire une seule coupure de leurs films et qui souffrent, eux, d’addiction à la culture et à l’émancipation du citoyen sont humiliés : aujourd’hui, un film d’une durée de deux heures pourra être coupé trois fois !
Le citoyen, lui, a été prié de continuer à s’adonner à la boisson de la petite bouteille sans réserve, plutôt que de donner son avis. Le même régime a été infligé aux créateurs.
Patrick Le Lay n’a eu à ferrailler ni avec les commissaires européens, ni avec les députés du parlement européen. Comme au café du commerce, il a suffi que l’ex-patron de TF1 lève le bras pour héler le garçon et s’écrie : « Garçon, un autre Coca-Cola ! », pour qu’il soit servi prestement.
Les mesures de la directive en matière de publicité à la télévision
• La durée de la publicité télévisée ne devra pas dépasser douze minutes par heure ;
• les coupures publicitaires ou de télé-achat pour « les films conçus pour la télévision (à l'exclusion des séries, feuilletons et documentaires), des oeuvres cinématographiques et des journaux télévisés » ne seront autorisées qu’ « une fois par tranche de trente minutes au moins » ;
• Les émissions pour enfants pourront n’être interrompues qu’ « une fois par tranche de 30 minutes » si la durée du programme lui-même excède bien 30 minutes ;
• Afin d’éviter tout message subliminal, le volume sonore des publicités ne devra pas « excéder le volume sonore moyen du reste du programme. » ;
• Les communications commerciales audiovisuelles ne doivent pas « porter atteinte à la dignité humaine » ni « être offensantes pour des raisons de discrimination fondée sur la race, le genre, la nationalité, le handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle » ;
• Les publicités pour les cigarettes et le tabac sont interdites, ainsi que pour les médicaments prescrits sur ordonnance médicale ;
• Les émissions parrainées doivent être clairement identifiées en tant que telles « par le nom, le logo et/ou un autre symbole du parraineur ».
(On notera l’utilisation de locutions négatives pour laisser croire aux gogos que nous sommes que la directive impose des interdits. On peut imaginer l’impact, négatif évidemment, sur les populations si la directive avait formulé ainsi sa première proposition : La durée de la publicité télévisée est fixée à 12 minutes par heure ! En utilisant le négatif, on sent vraiment que la commission protège les pauvres citoyens, non ?)
