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sept. 15
Dans Blogs Blog de Michel Diard mardi 15 septembre 2009 09:16
Rédigé par Michel Diard

Le Monde des livres daté du vendredi 11 septembre publie une lettre de sa correspondante à Seattle, Claudine Mulard. Son titre, « Aux Etats-Unis, la crise atteint aussi les bibliothèques », m’a interpellé. Puis les premières lignes m’ont stupéfié.
La journaliste nous révèle en effet que « La ville de Seattle (Etat du Washington) et ses 600 000 habitants disposent d’un remarquable réseau de bibliothèques publiques. Mais un déficit de 43 millions de dollars (près de 30 millions d’euros) a contraint la municipalité à effectuer des réductions budgétaires dans tous ses services. Les 26 bibliothèques de la ville ont donc été complètement fermées du 31 août au 7 septembre, des services de prêts aux espaces d’accueil, jusqu’au site de consultation du catalogue en ligne ».
La chute de la lettre de Claudine Mulard, elle, m’a atterré : « Le cas de Seattle n’est pas isolé. L’association des bibliothèques, American Library Association, ne dispose pas encore de statistiques, mais constate que, pour faire des économies, les municipalités d’autres villes (Dallas, Philadelphie, Providence et Norwich) ont décidé de pratiquer des réductions d’horaires ou de fermetures partielles pour les services considérés comme n’étant pas de première nécessité, dont les bibliothèques ».
Par temps de crise donc, dans un pays comme les Etats-Unis (mais il n’est sûrement pas le seul), la lecture n’est plus de première nécessité !
Le livre est irremplaçable, par temps de crise ou pas. La lecture est le passeport pour accéder à la connaissance, au savoir, au plaisir, à l’imaginaire et à d’autres activités culturelles.
Dans un article publié par le Monde il y a près de vingt ans sous le titre « Alerte à la barbarie », Bertrand Poirot-Delpech avait écrit des phrases que j’ai gardées précieusement : « Rien ne remplacera jamais l’immersion silencieuse dans les caractères d’imprimerie de tous les temps, réservoir inépuisable de sens constamment renouvelés, des pensées les plus élaborées, des rêves les plus vertigineux. Faute de ce recours, oui, une forme insidieuse de régression barbare peut se produire, par disparition de tout recul philosophique et moral, par abêtissement du débat public, par exaltation de l’instinct – dont le plus sournois, le grégaire – et par effacement de la jubilation verbale, voie royale de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. »
La crise systémique actuelle ébranle non seulement les activités économiques en jetant des dizaines de milliers de salariés à la rue, mais aussi toute activité culturelle.
Alors, oui, alerte à la barbarie !


Michel Diard


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