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Dans Blogs Blog de Michel Diard mercredi 1 avril 2009 15:48
Rédigé par Michel Diard

Journalistes / Réalisateurs / Télévision publique / Suisse / France / Redevance

Le Festival du grand reportage d’actualité et documentaire de société, le FIGRA, du 25 au 29 mars dernier, a rendu hommage à Temps présent, l’émission emblématique de la télévision suisse. Claude Torracinta, son créateur, et Anne-Frédérique Widmann, son successeur, avaient choisi de présenter trois grands reportages en avant-première mondiale pour fêter les 40 ans du magazine d’information.
Les festivaliers ont été surpris d’apprendre que les équipes de reportage de Temps présent sont composées de quatre personnes, dont un réalisateur et un journaliste (et deux techniciens). Il y a longtemps que les chaînes et sociétés de production françaises ont banni la cohabitation réalisateur – journaliste et entretenu l’animosité entre deux professionnels pourtant complémentaires. Sans raison sérieuse, mais avec la volonté, non avouée, de réduire les coûts, au risque d’altérer (parfois) la qualité finale du grand reportage.
Pourtant quel confort pour le journaliste de pouvoir se concentrer sur le contenu du reportage plutôt que de s’éparpiller non seulement sur la forme mais aussi sur le fond ! La télévision publique suisse romande a fait le choix inverse de la télévision publique française. Elle a fait le choix de se donner les moyens de ses ambitions, malgré l’étroitesse du bassin de population francophone. Elle a fait le choix de placer la redevance au niveau nécessaire à la réalisation de ses ambitions.
Bref, elle respecte les professionnels en leur donnant les moyens d’informer le public et elle respecte le public en donnant aux salariés de la TSR de « bonnes » conditions de travail. Le « cercle vertueux » en somme.
La « petite » Suisse est l’exception pour qui la bonne télévision, la vraie, coûte cher. Sa télévision de service public ne se vautre pas dans les « talk-shows » de 4 sous, dont seuls les animateurs-producteurs tirent un bénéfice.
Il ne s’agit pas ici de prétendre que les grands reportages et les documentaires réalisés en France sont moins professionnels et moins bien réalisés qu’en Suisse. L’école du grand reportage et du documentaire français reste d’une exceptionnelle qualité. Mais à quel prix pour les professionnels ?
Aujourd’hui le confort est du côté suisse plutôt que du côté français ! Et le temps présent est moins dur en Suisse qu’en France !

Michel Diard

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