Audiovisuel public / Publicité / Médias / Financement
En juillet dernier, Patrick de Carolis avait menacé de démissionner de son poste de patron de France télévisions si le financement de la suppression de la publicité dans l’audiovisuel public n'était pas intégralement assuré. « Aujourd’hui, le compte n’y est pas, avait-il asséné ».
L’été a passé. France télévisions s’est installée dans la pénurie. Les économies exigées par Nicolas Sarkozy ont été mises en œuvre : abandon de certains projets, moins d’inédits pendant la période estivale, accroissement du nombre de rediffusions, arrêt de certaines émissions, diminution du budget rédactionnel, etc.
Malgré cela, le compte n’y est toujours pas !
La rentrée ne permet pas à la direction du service public d’avoir une meilleure visibilité, notamment parce qu’il est toujours dans l’incertitude au sujet de la redevance : sera-t-elle ou non indexée sur l’inflation ? Nul ne le sait encore.
Le gouvernement a distillé les indiscrétions pour assurer que Patrick de Carolis serait maintenu à son poste jusqu’au terme de son mandat en 2010. Mais il y a une contrepartie, il devra assumer le volet social de la réforme de l’audiovisuel.
Car la réforme voulue par Sarkozy a un prix social.
C’est ce qu’il a laissé entendre à l’occasion de sa conférence de presse de rentrée : « Il n'y a pas le choix. Nous sommes arrivés au bout d’un système, la réforme est inévitable. France Télévisions doit s'aligner sur le secteur et sur la nouvelle donne économique, qui exige de produire moins cher dans tous les domaines. La déconnection de la publicité implique une réforme sociale que nous ne pouvons pas éviter. Si ce n'est pas nous qui la faisons, elle sera faite par d'autres, et peut-être pas avec l’écoute que les professionnels peuvent avoir entre eux. C'est un gros chantier, j'en prends le risque. »
Le service public français est sous-financé ; il le restera et ce sont les personnels, les créateurs et les téléspectateurs qui en feront les frais.
