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juil. 15
Dans Blogs Blog de Michel Diard mardi 15 juillet 2008 14:19
Rédigé par Michel Diard

Médias / Politique / Information

Patrick Poivre d’Arvor a été viré de TF1 comme un vulgaire salarié. A la différence près que son licenciement a suscité une avalanche de commentaires, d’interviews et de photographies, alors que les centaines de licenciements quotidiens dans les entreprises ne font l’objet d’aucune dépêche d’agence (sauf cas exceptionnel).
Le licenciement de Poivre d’Arvor survient en même temps que celui de Benoît Duquesne, directeur de la rédaction d’Europe 1, et après ceux d’Alain Genestar de Paris-Match ou de Jacques Espérandieu du Journal du dimanche. Et de bien d’autres. Les stars de l’information sont déboulonnées et, compte tenu de leur statut et de leur exposition publique, leur éviction est spectaculaire.
Ces licenciements ont tous un point commun, leur violence.
Les « stars » de l’information découvrent cette violence sous le régime Sarkozy alors qu’elles s’en croyaient à l’abri. On vire sans ménagement à tous les échelons. Le phénomène n’est pas nouveau, mais il s’amplifie.
Poivre d’Arvor apprend son licenciement par les médias ? Cela ne surprend plus personne. Combien de salariés ont appris avec la même brutalité la fermeture de leur usine !
Le président de la République donne l’exemple lui-même en virant David Martinon, d’abord de Neuilly puis de l’Elysée, avec le même mépris. Il entretient le climat de haine dans la société en insultant les jeunes à Argenteuil ou un simple citoyen au Salon de l’agriculture.
Le parallèle entre Poivre d’Arvor et les salariés du volailler Doux ou ceux d’Arcelor à Gandrange, par exemple, s’arrête là. L’un part avec de confortables indemnités, les autres s’inscrivent à l’ANPE et doivent se contenter des minima sociaux.
Nicolas Sarkozy n’en finit pas de dénoncer la violence dans les banlieues au point qu’il fanfaronne en promettant de revenir avec son Kärcher et légifère pour attenter aux libertés ; mais que fait-il contre les atteintes à la dignité qui règnent dans le monde du travail et qui font beaucoup plus de ravages que dans les banlieues ?
Le cas Poivre d’Arvor est un symptôme parmi d’autres de la violence dans les relations sociales. Hélas, les médias ne l’ont pas relevé !
Qu’on ne s’y trompe pas, le cas Poivre d’Arvor est un avertissement aux rédactions et, dans le cas précis, à Laurence Ferrari. La présentatrice du journal de 20 heures de TF1 est déjà à la merci des décisions abruptes du propriétaire de la chaîne. A bon entendeur salut !
Nicolas Sarkozy ne dit pas autre chose quand, dans son discours du 25 juin, il justifie la nomination du président de France Télévisions par l’actionnaire qu’il prétend incarner seul.
Dans tous les médias on assiste à une reprise en main brutale de l’information. Elle concerne les journalistes, les documentaristes, tous les auteurs et tous les citoyens.

Michel Diard

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