Quel autre événement planétaire aurait-il autant mobilisé les journaux télévisés ?
Diantre, le journal de 20 heures du mardi 22 juin lui a consacré un peu plus de 20 minutes sur 24 (il a été écourté pour cause de retransmission de rencontres de football) ; celui de 13 heures le lendemain, mercredi 23 juin, lui a consacré encore plus de temps : 25 minutes (mais il a duré près de 45 minutes).
Ô, vous avez deviné ! Le service public de la télévision a cédé à la médiatisation à outrance de la piètre élimination de l’équipe de France de football dès le premier tour de la compétition.
J’ai suivi l’équipe de France de football pendant dix ans et j’ai « couvert » trois phases de la coupe du monde (en 1978, en 1982 et en 1998). J’ai aimé le football lorsqu’il était encore un jeu, avec Michel Platini et Michel Hidalgo, car j’ai toujours eu la faiblesse de le considérer seulement comme un jeu et non comme une affaire d’Etat.
Certes, le football - business a considérablement étendu son emprise sur les compétitions de haut niveau, mais que le service public de la télévision se comporte de la sorte me rend furieux.
Que le vibrionnant président de la République en fasse une affaire d’Etat ne m’étonne pas autrement (on voit bien pourquoi), mais que France 2 et France 3 lui emboîtent le pas n’est pas acceptable.
Les journalistes de ces deux chaine auraient-ils perdu toute mesure ? Je ne le pense pas. Alors pourquoi une telle démesure ?
Surtout qu’au bout du compte, on ne sait toujours pas ce qui s’est réellement passé, malgré les heures consacrées à parler de « l’affaire ».
Et je suis encore plus furieux qu’aucun journaliste n’ait condamné l’intrusion du président de la République et de sa ministre de la Santé et du Sport dans les affaires du football. Jusqu’à preuve du contraire, le mouvement sportif est indépendant.
Imagine-t-on le général De Gaulle ou François Mitterrand convoquer un joueur de retour d’Afrique du Sud pour lui demander des explications ?
Mais, pendant ce temps-là les affaires continuent. Celles du monde et celles du fric-roi (vous voyez de quoi je veux parler !). Mais ces affaires-là sont à la portion congrue dans les journaux télévisés.
Alors, reportez-vous à votre quotidien préféré pour en savoir un peu plus sur ces affaires-là et un peu moins sur les affaires du football…
