Le code de la propriété intellectuelle fait obligation aux sociétés de perception et de répartition des droits d’auteurs de consacrer 25 % des sommes provenant de la rémunération pour copie privée et la totalité des sommes dites « irrépartissables » à des actions d’aide à la création.
La SCAM a multiplié les aides à la création pour les auteurs de ses différents répertoires (documentaires, œuvres numériques, œuvres institutionnelles, œuvres radiophoniques et écrit).
Pour la première fois en 2009 – 2010, après l’adhésion des journalistes de France Télévisions et la signature d’accords spécifiques dans les chaines publiques, la commission des journalistes a donc décidé d’attribuer des bourses d’aide à la création d’œuvres journalistiques, au beau titre de Brouillon d’un rêve journalistique.
La commission a réfléchi : à qui attribuer des bourses ? Pour quel type de projets ? Elle a décidé de lancer un appel à candidatures très ouvert. Toutes les formes d’écritures, sur tous les supports existants, étaient souhaitées. Mais de réserver cette aide aux journalistes pigistes.
La SCAM et sa commission des journalistes ont été très surprises de l’accueil réservé à son initiative : elles ont reçu 169 projets, dont une large majorité étaient présentés par des femmes.
Les projets étaient de grande qualité et, comme à chaque fois, le choix a été difficile et il ne s’agit pas d’une simple figure de style. Quatre bourses de 2500 € ont été attribuées, mais combien les membres de la commission, tous journalistes, eux aussi, auraient souhaité en retenir beaucoup plus.
On peut tirer deux conclusions de cette initiative en direction des journalistes.
En premier lieu, dans une profession qui se précarise, le besoin d’aide à la création est essentielle pour les pigistes, qui auront ainsi la possibilité d’être en situation de proposition et non de simple exécutant (de travail à la commande).
En deuxième lieu, les pigistes ont des idées, énormément d’idées. Leur créativité est sans limite. Hélas, celle-ci est souvent bridée. Les directions de rédaction ne savent pas l’exploiter, pour donner la préférence à des modes, au conformisme et, pour raccourcir, à la pensée unique. L’audace n’a plus sa place dans de trop nombreuses salles de rédaction.
Enfin, dans des médias où tout s’accélère, où les journalistes doivent tout faire dans la précipitation, au risque de l’approximation, mais surtout au risque de ne plus traiter l’information complètement, c’est l’honneur de la SCAM de donner l’occasion aux pigistes de Rêver, d’une part, et de faire un Brouillon quand, le plus souvent, on leur demande de rendre leur copie sans délai.
Ce beau titre de Brouillon d’un rêve de journaliste est un pied de nez aux éditeurs qui donnent plutôt la priorité au sensationnel, au « scoop » et à l’information dit « people », plutôt qu’au grand reportage, y compris en allant tout simplement de l’autre côté du périphérique ou à des milliers de kilomètres.
Reste aujourd’hui à aider les lauréats (mais pourquoi pas aussi les autres) à trouver l’éditeur qui osera publier le résultat de leur Rêve et à pérenniser cette première expérience.
La SCAM a la volonté de continuer à offrir un espace de liberté aux journalistes en espérant que les Brouillons d’un rêve serviront de déclic pour ouvrir toutes grandes les portes des rédactions des quotidiens, des magazines, des sites Internet, des chaines de radio et de télévision.
Laissons les journalistes rêver…
