Culture / Politique / Médias
L’affaire est sérieuse. Quelle affaire ? Mais celle de la nomination de Georges-Marc Benamou à la tête de la Villa Médicis à Rome !
L’affaire, donc, m’a immédiatement fait penser à la visite de Nicolas Sarkozy à Disneyland Paris le 15 décembre dernier en compagnie de celle qui devait devenir son épouse se prêtant à l’objectif de dizaines de photographes avec délectation.
Elle m’a fait penser, aussi, à la visite du président d’une République laïque au Vatican, flanqué d’un bigot plutôt « décalé », Jean-Marie Bigard.
L’affaire a ramené sur le devant de ma mémoire quelques autres épisodes encore.
Comme celui du passage éclair de notre président, gêné, devant le tableau de Gustave Courbet, La Création du monde.
Sa visite au pas de course dans les ruines majestueuses de Petra, classées au Patrimoine mondial de l’UNESCO, Ray-Ban sur le nez, Roleix au poignet, un jeune bambin sur les épaules.
Les vacances présidentielles dans la station ringarde du New Hampshire, Wolfeboro.
Les soirées au Fouquet’s.
Le séjour sur le yacht de Bolloré.
En matière de culture, la rupture est consommée !
Devant la convention de l’UMP pour un projet populaire, Nicolas Sarkozy dénonçait l’académisme officiel et se prononçait pour que « la culture soit faite pour le peuple ». Quelques mois et quelques fautes de goût plus tard, nous cernons ce que le candidat met derrière le mot peuple.
Le tout nouveau maître de la Villa Médicis, lui, a une sainte horreur de tout ce qui est « franchouillard ». Le bouffon de Mitterrand s’est pourtant mué en bouffon de celui qui est le plus franchouillard des présidents de la Ve République. Les allées du pouvoir exercent-elles un telle attirance pour accepter pareille proximité ?
André Malraux assignait à la culture le soin de conserver « l’héritage de la noblesse du monde » ; Sarkozy assigne, lui, à la Villa Médicis le soin d’accueillir les expulsés de l’Elysée.
Pourquoi ? Pour la promesse du silence comme le suppute Renaud Revel sur le blog de l’Express ?
Drôle d’époque !
Auteurs, créateurs, artistes sont insultés.
Alors que valent les péremptoires déclarations présidentielles sur la nouvelle télévision publique sans publicité ?